Schémas de Young

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Les différents schémas de Young sont au nombre de 18 et sont rassemblés en grands domaines [1]. Ils sont essentiellement les suivants.

Sommaire

Schémas d'Abandon et de Rejet

Ces croyances correspondent en ce que les besoins de sécurité, de stabilité, d'affection, d'empathie, de compréhension, d'approbation et de respect ne seront pas satisfaits. L'origine est typique de familles entretenant un climat de séparation avec explosion, changement, rejet, punitions et dans lesquelles les parents sont stricts, froids ou bien maltraitent l'enfant.

  • Abandon/instabilité. Ce schéma est caractérisé par le sentiment que les personnes « importantes » n'apporteront pas leur soutien de manière durable. Ces personnes sont considérées comme peu fiables du fait de leur instabilité et de leur imprévisibilité, de leur absences, mais aussi parce qu'elles mourront ou même abandonneront la personne pour quelqu'un de « mieux » que ce dernier.
  • Méfiance/Abus. La personne suppose que les autres le feront souffrir, mentiront, tricheront et profitent de lui. Ces souffrances sont généralement perçues comme étant infligées de manière intentionnelle ou résultant de négligence extrême et injustifiable. Également, La personne a fréquemment le sentiment d'être en permanence défavorisé ou d’être mis en demeure de Ceci peut aussi inclure le sentiment d'être constamment défavorisé par rapport aux autres ou de toujours « tirer la courte paille ».
  • Manque Affectif. La personne est certaine qu’elle n’obtiendra pas le soutient affectif dont elle a besoin et que les autres ne le lui donneront pas. Trois catégories principales peuvent être distinguées :
    • Manque d'apports affectifs : la personne ressent une absence d'attention, d'affection, de chaleur, ou de présence amicale.
    • Manque d'empathie : la personne ressent l’absence de quelqu'un de compréhensif et à l’écoute, ainsi que de quelqu'un à qui parler d’elle-même.
    • Manque de protection : la personne ressent l’absence de quelqu'un de fort pouvant le guider et le conseiller.
  • Imperfection/Honte. La personne pense d’une part qu’elle est inférieure, incapable, imparfaite, « mauvaise » et d’autre part que le fait de le révéler aurait pour conséquence la perte de l'affection des autres. Il peut en résulter une sensibilité extrême aux critiques, à l'abandon et au blâme. Par ailleurs, ces personnes ont souvent un manque de confiance en soi et les comparaisons avec les autres entraînent souvent une gêne. Enfin, du fait des imperfections perçues, la personne éprouve souvent de la honte.
  • Isolement Social. La personne a le sentiment d'être isolée et coupé du reste du monde. Elle se croit différente des autres et peut également penser de ne faire partie d'aucun groupe ou communauté. Souvent, seule la famille proche échappe à cette croyance.

Schémas de Manque d'Autonomie Sociale

La personne pense qu'elle n'a pas la capacité de survivre, d'agir de manière indépendante et de parvenir à une réussite suffisante. Ses exigences vis-à-vis d'elle-même et du monde externe ne sont pas en cohérence avec ses propres capacités et aptitudes. Le contexte familial typique est une famille « étouffante » dans laquelle l'enfant est surprotégé ce qui entraîne une érosion de la confiance en soi. Par ailleurs, les relations en dehors de la famille n'étant pas encouragées, l'apprentissage des compétences sociales est insuffisant.

  • Dépendance/Incompétence. La personne croit qu'elle est incapable de faire face seule à ses responsabilités journalières. Ceci s'accompagne d'un manque d'initiatives, de la passivité...
  • Peur du Danger ou de la Maladie. Non seulement la personne a peur des événements inévitables ou incontrôlables mais elle a également une peur exagérée qu'arrive une catastrophe qu'il ne sera pas possible d'éviter. Ceci concerne essentiellement les domaines :
    • de la santé, comme les crises cardiaques ou le sida
    • des émotions, par exemple perde la raison
    • des catastrophes naturelles comme les tremblement de terre
    • des phobies dont celle des ascenseurs, des crimes, des avions
  • Fusionnement/Personnalité atrophiée. La personne est émotionnellement attachée de manière excessive à une ou plusieurs personnes, souvent des parents, ce qui entraîne une adaptation sociale déficitaire. La croyance selon laquelle l'un des individus ne peut pas survivre ou être heureux sans l'autre est très fréquence. La personne peut avoir le sentiment :
    • d'être étouffé par les autres,
    • de doute de lui-même, de sa propre identité
    • d'être vide, sans but

A l’extrême, il peut questionner sa propre existence.

  • Échec. La personne croit que l’échec est inéluctable : elle a échoué, elle échouera, elle est incapable de réussir aussi bien que les autres et ce dans les domaines les plus variés. Généralement, la personne a une estime basse de son intelligence, de son jugement, de ses aptitudes, ses compétences, ses connaissances... D’une manière générale, elle se pense inférieure aux autres.

Schémas de Manque de Limites

La personne peut éprouver :

  • un manque de limites internes,
  • un manque de responsabilité envers les autres,
  • de l'incapacité à soutenir des buts à long terme.

Les droits des autres ainsi que ses propres objectifs peuvent alors se révéler problématiques. L'origine familiale typique souvent liée à des parents faibles ou trop indulgents incapables de faire appliquer la discipline. Dans ce contexte, la personne n'a pas été encouragé à prendre des responsabilités, à tolérer un certain manque de confort, ou n'est pas suffisamment surveillé et guidé.

La personne ne considère pas ce qu'il peut en coûter aux autres lorsqu'elle souhaite atteindre un résultat, que ce soit faire ou obtenir quelque chose. Elle peut développer une tendance excessive à affirmer sa force ou son point de vue, et à chercher à contrôler les autres. Elle recherche son propre intérêt sans prendre en compte le besoin d'autonomie de l'autre. Il n résulte non seulement un manque général d'empathie mais également un niveau général d'exigences trop élevé.

Ce schéma est caractérisé par des difficultés importantes à se contrôler. La raison peut être un manque de compétences ou bien un refus de le faire. La personne ne parvient que difficilement, voire pas du tout, à réguler ses émotions et ses impulsions. Dans certains cas, la personne évite les conflits, les responsabilités, l'effort... préférant rechercher à maximiser sa satisfaction personnelle et son intégrité.

Schémas d'Orientation Vers les Autres

Ces schémas correspondent à un intérêt excessif porté aux réactions des autres, à leurs besoins, à leurs désirs, au détriment des besoins de la personne, dans le but d'obtenir l'approbation, l'affection, l'attention. La peur de l'abandon ou la crainte des représailles sous-tendent le schéma. Souvent, la personne n'a pas conscience d'une colère refoulée, et d'une manière générale, de ses sentiments et tendances. Ce schéma tire son origine d'un contexte familial dans lequel l'affection est conditionnée puisque pour se sentir aimé et soutenu des parents l'enfant doit réprimer ses tendances naturelles, les besoins des parents étant prioritaires sur ceux de l'enfant.

  • Assujettissement. La personne se dent obligée d'avoir un comportement soumis aux autres. Il en est de même des décisions et de l'expression des émotions, le plus souvent pour éviter des représailles, de la colère ou l'abandon, la personne estimant que ses désirs, ses sentiments, ses opinions ne comptent pas pour les autres. Par contre, du fait de l'existence fréquente d'une colère refoulée à l'encontre de ceux à qui elle se soumet, la personne se soumet facilement mais a des réactions vives si elle se sent piégée, et peut développer des comportements de type passif/agressif ou addictifs, manifester des accès de colère, développer des symptômes psychosomatiques ou des troubles affectifs...
  • Abnégation. La personne est exagérément désireuse de toujours faire passer les autres avant elle-même. Elle le fait généralement par peur de faire de peiner, pour éviter de se sentir coupable d’égoïsme, pour maintenir un contact avec les autres. Dune par la personne est souvent hypersensible aux souffrances des autres, d'autre part elle peut ressentir que ses propres besoins ne sont pas satisfaits ce qui entraîne du ressentiment.
  • Recherche d'Approbation et de Reconnaissance. La personne a un besoin excessif de d’attention, d’estime et d’approbation des autres. Elle a également une tendance excessive de répondre positivement aux demandes des autres, qu’elles soient ou non conforme à ses propres attentes. Les motivations relatives aux choix de vie sont ainsi souvent étrangers aux choix eux-mêmes, l'envie de ceux pouvant fréquemment être au centre des préoccupations, de même qu'une sensibilité excessive au rejet par autrui, ou même simplement les apparences, l'argent... En suite logique, l’estime de soi est construite sur la base des réactions des autres, les opinions et les valeurs personnelles n'étant pas prises en compte.

Schémas de Survigilance et d'Inhibition

La personne contrôle excessivement ses réactions, ses sentiments et ses choix dans le but d'éviter les erreurs ou simplement de maintenir des règles personnelles fortes. Ceci se passe aux dépens des plaisirs, des relations personnelles, de la santé... L'origine familiale réside dans un environnement sans joie où les valeurs de travail, de devoir, d'obéissance... sont survalorisées par rapport au bonheur, à la joie, aux loisirs... Il est fréquent que la personne soit également pessimiste et anxieuse.

  • Négativité/Pessimisme. La personne a des craintes excessives que tout va tourner au pire, elle a une tendance exagérée à se concentrer sur les aspects les plus négatifs de la vie comme les souffrances, les conflits, la culpabilité... et une tendance à ne pas prendre en considération les aspects positifs. Fréquemment, la personne a peur de commettre des erreurs et d'avoir à en subir les conséquences. Elle est généralement anxieuse, pessimiste, indécise, mécontente...
  • Surcontrôle Émotionnel. La personne contrôle ses réactions spontanées de manière excessive, généralement afin d'éviter les erreurs, la désapprobation, les catastrophes, le chaos ou même par peur de ne pas parvenir à contrôler ses propres impulsions. Cinq variantes sont observables :
    • Répression de la colère et de l’agressivité.
    • Besoin compulsif d’ordre et de précision.
    • Répression des impulsions positives.
    • L’adhérence excessive à la routine et au rituel.
    • La difficulté à reconnaître ses propres faiblesses, ou à exprimer facilement ses propres sentiments ou besoins.

Souvent ces attitudes sont appliquées aux proches.

  • Idéaux Exigeants/Critique Excessive. La personne pense qu'elle doit s’efforcer d'être parfaite dans son comportement et sa performance, afin d'éviter les critiques. Ceci entraîne une impossibilité d'arrêter ses efforts ainsi qu'une critique permanente de soi, mais aussi des autres. Ceci entraîne des difficultés en ce qui concerne les plaisirs, la détente, la santé, l'estime de soi, la satisfaction personnelle et les relations interpersonnelles. On observe :
    • Le perfectionnisme avec focalisation sur les détails et sous estimation de sa propre performance.
    • Des règles rigides, avec une l’importance du devoir.
    • Préoccupation constante de temps et d’efficacité et le besoin de toujours faire plus et mieux.
  • Punition. La personne se montre intolérante, très critique, impatiente et tend à « punir » les autres ainsi qu'elle même. Il en résulte de la difficulté à pardonner les erreurs ou les imperfections, tant pour soi que pour les autres et de l'incapacité à prendre en compte le contexte dans leur appréciation. La personne manque d’empathie, de flexibilité, et montre de l’incapacité à admettre un autre point de vue.

Trois mécanismes, ou styles d’adaptation, contribuent à individualiser ces schémas selon qu'elle capitule, fuit ou contre attaque. Le plus souvent, on constate un mélange de ces stratégies.

Références

  1. Young J.E., 2005, La thérapie des schémas, De Boeck

Liens externes

Modèle cognitif du développement de traits de personnalité inadaptés

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