Croyances
Sommaire |
Objectifs
- Comment détecter une croyance ?
- Comment distinguer les croyances fondamentales ?
- Comment mettre à jour les croyances ?
Croyances limitantes ou aidantes
Les croyances sont ce qui structure notre comportement en constituent le cadre de référence dans lequel s’organisent les choix et les décisions, aux niveaux conscients et inconscients. Les croyances sont mobilisées et activées lorsque au moment où la personne fait l’expérience d’un contexte particulier, permet d’établir des liens et d’attribuer du sens à la situation. Et en fonction des contextes, certaines sont aidantes, d’autres moins.
Et les croyances limitantes appartiennent essentiellement à trois domaines qui sont le manque d’espoir (ce n’est pas possible), le manque de confiance en ses capacités (je ne suis pas capable) et le manque de mérite (je ne suis pas digne de…) :
- Pour le manque d’espoir, la personne a la croyance selon laquelle le but concerné est impossible à atteindre et ce que, quelles que soient ses capacités. Elle prend une position s’apparentant à celle de victime ou de personne n’ayant pas la possibilité d’atteindre ou réaliser ses objectifs.
- Le manque de capacité se traduit par le fait que la personne croit qu’elle n’est pas capable d’atteindre le but, qu’elle n’a pas les capacités d’accomplir ce qui le rendra possible, tout en pensant que d’autres peuvent le réaliser.
- Le manque de mérite est lié au fait que la personne croit qu’elle ne mérite pas d’atteindre le but, bien qu’elle ait les capacités de l’atteindre et que cela soit par ailleurs possible.
Pièges
Selon Robert Dilts, les croyances peuvent être conscientes ou inconscientes, ce qui peut rendre leur mise à jour difficile. D’autant plus que l’auteur affirme que « Le plus difficile, lorsqu’on identifie une croyance, c’est que celles qui cous influencent sont généralement celles dont vous êtes le moins conscient ». Il en résulte que la personne, consciemment ou inconsciemment peut dissimuler les croyances. Et pour ce faire des stratégies courantes sont mises en œuvre et, de ce fait, quatre principaux « pièges » attendent le praticien PNL.
Écran de fumée
Alors que l’entretien se déroule bien et que te travail est réellement productif, la personne change brutalement d’attitude et devenant par exemple vague ou confuse. Elle peut même déclarer avoir du mal à comprendre, ou encore changer brutalement de propos. Vous êtes alors probablement proches d'une croyance refoulée et importante. Si vous parvenez à lui faire prendre conscience de la présence de cet écran de fumée, de ce mur, de ce trou… et que vous parvenez à lui faire verbaliser sous forme de métaphore, alors l’une des techniques efficace est alors d’inviter la personne à explorer cette métaphore. Et en permettant à la personne de voir au delà de cet écran de fumée, vous lui donnez souvent les moyens de mettre à jour des croyances importantes.
Les harengs rouges
Le hareng rouge est une fausse piste, un leurre. La personne brouille les pistes, consciemment ou inconsciemment, généralement en rationalisant ses sentiments ou ses actions, sans que cela soit en rapport direct avec ses croyances. Comme l’écran de fumée, le hareng rouge est quelque chose qui masque les croyances. Mais alors que l’écran de fumée empêche d’accéder à la croyance, le hareng rouge en éloigne le praticien, avec comme effet de dissimuler la croyance, mais en détournant l’attention.
Le poisson dans les rêves
Le praticien projette ses théories dans les dires du patient à la manière de ce thérapeute qui expliquait tous les troubles par l’existence de poissons dans les rêves de ses patients :
« - Avez-vous fait des rêves la nuit dernière ?
- Oh, je ne me rappelle plus très bien.
- Réfléchissez, vous avec certainement rêvé.
- Si cela peut me guérir, alors oui, j’ai fait un rêve.
- Y avait il un poisson dans ce rêve ?
- Non, je ne me rappelle d’aucun poisson. Non je ne pense pas.
- Bien, que faisiez vous ?
- Je marchais sur le trottoir.
- Y avait-il des flaques sur le trottoir ?
- Je ne sais pas.
- Y aurait il pu s’en trouver ?
- Oui.
- Y avait il un poisson dans cette flaque ?
- Non, non.
- Y avait il des restaurants dans cette rue ?
Le client finit par convenir qu’il pourrait y avoir eu un restaurant.
- Servait-on du poisson ?
- Oui, j’imagine qu’on pouvait servir du poisson.
- Bien ! Cela confirme ma théorie. Je l’ai découvert c'est ce poisson dans vos rèves qui explique tout »
Et le risque de projection des croyances du praticien est d’autant plus important que les personnes sont coopérantes.
La masse critique
Souvent, le problème de la personne n’est pas su à une seule croyance, mais à un système de croyances. Un risque est alors que le praticien, après avoir mis à jour une seule croyance, s’arrête là et conclue que celle-ci est responsable du comportement non désirée. Or, il est fréquent que ce soient les relations entre ces croyances qui soient la cause des soucis de la personne. Dès lors, le travail du praticien est moins de rechercher la croyance responsable du comportement, et plutôt de rechercher les agencements ou les relations qui sont en cause, c’est-à-dire comprendre comment les interactions entre les croyances agissent et peuvent être utilement modifiées.
Stratégies d'élicitation
Décadrage des croyances: principe général
Les croyances limitantes forment des impasses qui empêchent la personne de réaliser ses objectifs. L’une des méthodes est donc de rechercher les impasses à partir d’exemples concrets.
L'utilisation d'échelles permet de mettre à jour des croyances de façon assez directe et par exemple il est possible de demander :
- Sur une échelle de un à dix, dans quelle mesure mérites tu [X] ?
- Sur une échelle de un à dix, dans quelle mesure es tu capable de [X] ?
- Sur une échelle de un à dix, dans quelle mesure est il possible que [X] ?
Et lorsqu'un score est élevé, la question suivante est souvent productive :
- Et qu'est ce qui t'en empêche ?
A ce moment, il est très possible que le praticien observe un écran de fumée ou un hareng rouge qui sont souvent révélateurs d'une impasse.
Et une fois la croyance identifiée, il est important de reconnaître et d’identifier la ou les intentions positives sous-jacentes à la croyance limitante ainsi que d’identifier toutes les présuppositions inconscientes ou non exprimées qui la fondent.
L'utilisation du méta-modèle est alors aidante, en particulier pour rechercher les chaînes de causes à effet (X cause Y) et les équivalences complexes (X prouve Y)qui sont liées aux croyances:
- Comment [X] entraine [Y] ?
- Dans quelle mesure [X] prouve [Y] ?
Puis, il est possible d'élargir de manière à explorer le système de croyance, permettant ainsi d'inventorier d'autres croyances limitantes ainsi que les interactions entre celles-ci. Les reformulations, les relances neutres, voire des invitations à la métaphore peuvent vous y aider:
- Et [X], qu'y a t il d'autre à propos de [X] ?
- Et [X], c'est [X] comme quoi ?
Ceci permet de clarifier les relations essentielles qui supportent les motivations ainsi que les significations que la personne accorde à sa mission ainsi qu'aux autres niveaux logiques, de l'environnement à l'identité et même au niveau spirituel ou social, à la condition de réaliser un balayage systématique.
Croyances inverses
Le principe est de proposer à la personne d’adopter la croyance inverse puis d’expérimenter les conséquences de choix. La personne est invitée à vivre de manière associée et de rechercher les différences qui font la différence. Le plus souvent, des valeurs et d’autres croyances sont révélées lorsque la personne prend ce point de vue inverse. Ceci se manifeste par une sensation d’inconfort, et des objections extrêmement claires, ce qui permet à la personne de faire remonter rapidement de l’inconscient des croyances et des valeurs associées.
Exemple : « Pour être un bon manager, je dois montrer l’exemple et imposer des objectifs élevés à chacun, y compris à moi même ». Une croyance inverse peut être : « Pour être un bon manager, je dois montrer à mes collaborateurs comment parvenir à réussir en en faisant le moins possible » ou encore « Les objectifs très élevés apprennent à mes collaborateurs comment devenir des tyrans avec leur collègues », « Pour devenir performants, mes collaborateurs doivent démontrer comment être des collègues agréables », « Pour être certain de rester un manager médiocre, il me suffit de ne me concentrer sur les objectifs, tous les objectifs et rien que les objectifs » . Certaines variantes sont intéressantes comme « Un mauvais manager est l’homme de la situation quand il s’agit de se concentrer exclusivement sur des objectifs élevés » ou encore « Mes collaborateurs sont en train d’apprendre comment un bon manager se donne des objectifs élevés ». L’essentiel dans toutes ces reformulations de croyances plus ou moins inverses est de reformuler avec précision les mots de la personne afin de profiter des ancrage verbaux naturels de la personne.
Positions perceptuelles
Cette technique repose sur le fait que la personne peut, en adoptant des positions perceptuelles différentes, redécouvrir ses propres comportements et prendre consciences de causes internes, de ce qui motive ou démotive, des croyances et des critères qui sont mis en œuvre. Initialement, le praticien peut demander à la personne de s’associer à une situation désirée [X] donnée et verbaliser :
- Il m’est possible de [X]
- J’ai les capacités de [X]
- Je mérite [X]
La calibration permet alors de déterminer des incongruences que de toute façon la personne ressent à un niveau conscient ou inconscient. Le passage en seconde position perceptuelle permet alors à la personne de prendre conscience de ces incongruences, et de rechercher les points de blocages, croyances ou valeurs, ainsi que les intentions positives de ces points de blocages.
Ligne de temps
Il s’agit de faire reculer la personne dans le temps, afin de l’aider à rechercher des variations dans cette croyance. Il est souvent possible même de retrouver un moment où cette croyance s’est installée. L’exploration soigneuse des circonstances de l’installation de cette croyance, et des contextes où elle s’est manifestée permet de retrouver des valeurs et des croyances associées, et de mettre à jour la molécule des croyances et des valeurs qui est responsable des comportements de la personne.
Monodrame
Le monodrame, technique héritée de la Gestalt dans laquelle la personne joue tour à tour les différents rôles de la situation évoquée. Ce faisant, elle prend différents points de vue, et explore voire adopte les systèmes des différentes personnes concernées. Ceci permet là aussi de révéler peu à peu le système des croyances et des valeurs, et des relations entre elles.
Surcadrage
Cette technique consiste, une fois le rapport établi, à se synchroniser sur les croyances, puis à la conduire en amplifiant ces croyances, jusqu’à dépasser atteindre un seuil au-delà duquel la personne résiste du fait de l’excès de la croyance. Cette stratégie, basée sur la provocation peut entraîner des réactions assez violentes et est à utiliser avec prudence.
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